Le Second Printemps en médecine chinoise

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Nous avons déjà évoqué sur le blog les troubles du cycle menstruel et leurs origines en médecine traditionnelle chinoise. Mais savez-vous comment cette médecine considère-t-elle la ménopause ? Avez-vous déjà entendu parler du Second printemps ?

Le cycle menstruel

Pour la médecine chinoise trois couples d’organes gouvernent le cycle menstruel : le couple rate/estomac, le couple Foie/Vésicule biliaire et le couple Rein/Vessie. Chaque organe joue un rôle bien défini : la Rate et l’Estomac fabriquent le Sang, ils sont responsables de sa quantité. Le Foie et la Vésicule biliaire le stockent et le font circuler. Quant au couple Rein/Vessie, il gouverne les « organes du bas », dont l’utérus, et le processus de déclenchement des règles.

Quand des troubles du cycle menstruel surviennent, ce sont un ou plusieurs de ces trois organes qui sont en cause. Pour en savoir plus, je vous invite à (re)lire l’article sur les troubles du cycle féminin. Mais c’est le Rein qui gouverne la durée de la période de fécondité de la femme, à travers le Jing, l’Essence.

 Le cycle de la Vie

  • Le Tian Gui, l’Eau Céleste ou la fontaine de la fécondité

En médecine traditionnelle chinoise, la fécondité est associée au Tian Gui, qui signifie « Eau Céleste ». Ce terme renvoie à la rencontre entre le Feu du Ciel et l’Eau de la Terre, source de la Vie. L’Eau Céleste représente une substance fondamentale liquide, qui apparaît ou disparaît selon les cycles de vie de l’homme et de la femme.

Pour la femme, le Tian Gui se manifeste sous la forme du sang menstruel. Les menstruations apparaissent quand le stock d’énergie des Reins, le Jing ou Essence, a atteint son niveau de surabondance. En effet, le Rein est le siège du Jing, de l’Essence de chaque être. Le Jing est inné (hérité des parents et des grands-parents) et acquis (assimilé à travers l’alimentation). Le Jing acquis entretient le Jing inné (voir l’article Fatigue : nourrir son yin (et comprendre ce que cela signifie)).

La quantité et la qualité du Jing inné, transmis par les parents, sont déterminées dès la procréation. Ensuite, durant l’étape du « mûrissement du fruit » (la grossesse), le Jing nourrit l’embryon et le fœtus. Après la naissance, ne pouvant pas être augmenté, il s’épuise naturellement avec l’âge. L’épuisement du Jing inné tarit la source de l’Eau Céleste. C’est pourquoi sa qualité et sa quantité déterminent l’âge d’apparition de la ménopause, mais aussi le vieillissement physiologique des Organes internes.

  • Un cycle de 7 ans

Selon la médecine traditionnelle chinoise, le cycle de fécondité de la femme fonctionne selon la règle des 7 ans. A 14 ans, les menstruations se déclenchent chez la femme, elle peut donner naissance. Elle est ensuite la plus fertile de 21 à 28 ans. À l’âge de 35 ans, la Rate commence à ralentir et la production de Sang, de Qi et de Jing acquis diminue. La Rate gouverne les muscles, c’est pourquoi ils tendent à se relâcher avec l’âge, et les rides apparaissent.

A l’âge de 49 ans, la femme puise davantage dans son Jing inné car elle a moins de Sang, de Qi (Énergie vitale) et de Jing acquis, suite au ralentissement du fonctionnement de la Rate. Le corps s’adapte à ce changement, et pour conserver autant d’Essence, de Sang et d’Energie Vitale que possible, les menstruations diminuent, jusqu’à s’arrêter. En Occident, la ménopause est associée au vieillissement alors que pour la médecine traditionnelle chinoise, ce changement correspond à un nouvel équilibre de l’organisme.

Le Second Printemps

Pour signifier ce renouvellement de l’Énergie, la médecine traditionnelle chinoise appelle cette période de la vie le « Second Printemps ». Libéré de ses « contraintes menstruelles », le corps a plus d’énergie. Moins de Sang (énergie yin) est produit, ce qui implique une augmentation de l’énergie yang dans le corps. Les bouffés de chaleur et les transpirations nocturnes peuvent en être les symptômes. Celles-ci peuvent se réguler avec la pharmacopée chinoise.

Ainsi, la ménopause n’est pas une fin mais bien une étape dans la vie d’une femme. Dotée d’une nouvelle énergie et de plus de liberté (moins de contraintes professionnelles et familiales), la femme peut vivre pour elle et se consacrer à ce qu’elle aime. Elle a aussi acquis une certaine sagesse et se tourne vers plus de spiritualité.

On est loin de la négativité qui entoure la ménopause, vous ne trouvez pas ?

Copyright Bertrand Bimont 2015. Tous droits réservés.

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3 commentaires sur “Le Second Printemps en médecine chinoise

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